Subficialité de la caresse

Quoi de plus superficiel qu’une caresse ? Ce geste sensuel ne semble, en effet, qu’attoucher, effleurer, friser, frôler, la surface d’une peau. Et pourtant, à même le frisson de plaisir éprouvé, c’est bien quelque chose comme l’intimité des êtres qui se révèle – comme si la caresse dessillait les yeux de l’épiderme et ouvrait à une vérité profonde et indicible autrement. La caresse pourrait bien alors symboliser la réversibilité de toute surface (pour peu qu’on sache paradoxalement « en rester à la surface ») : en un mot, ce que j’ai choisi de nommer la « subficialité » des choses…

caresse

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Zahia et la volonté de vérité

En publiant sur son compte Twitter un scanner thoracique prouvant qu’aucune prothèse mammaire n’explique le généreux décolleté dont la nature lui a fait don, Zahia a levé le voile d’Isis et dérogé au vœu nietzschéen d’une « superficialité par profondeur »…

zahia

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Leçon philosophique dispensée par la rosée du matin – rêverie de Gaston Bachelard

« C’est parfois sur les plus insignifiants et les plus chimériques exemples qu’on peut apprendre le plus clairement les leçons philosophiques », écrit Gaston Bachelard dans La terre et les rêveries de la volonté, au chapitre intitulé « La rosée et la perle ».

 

Rosée du matin

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La mer est-elle bleue ?

« La mer couleur de vin »: par cette épithète, Homère désignait ce que nous nommons aujourd’hui « la grande bleue ».  C’est que, pour les Grecs de l’Antiquité, la mer n’était pas bleue… Extraits de Bleu, de Michel Pastoureau.

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Conte d’été – philosopher à la plage avec Rohmer

« Rohmer vise la légèreté et l’érudition à la fois. (…) Le film de vacances fait qu’il se passe peu de choses ou rien, et pourtant, dans les dernières minutes, il va réussir à nouer quelque chose, c’est là la dramaturgie et le talent de Rohmer. » Philippe Fauvel, sur France Culture en mars 2012

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Le jeu, (re)bond

Pour compléter et prolonger le billet de la semaine dernière sur le jeu, cette citation supplémentaire de Johann Huizinga reprise par Denis Grozdanovitch dans son livre De l’art de prendre la balle au bond. La philosophie appliquée aux cours de tennis.

grozda-balle au bond

« Reconnaître le jeu c’est, qu’on le veuille ou non, reconnaître l’esprit. Car, quelle que soit son essence, le jeu n’est pas matière. Déjà dans le monde animal, il dépasse les frontières de la vie physique. Du point de vue d’une conception déterministe d’un monde régi par de simples influences de forces, il est au plein sens du terme superabundans, superflu. Seul le souffle de l’esprit, qui élimine le déterminisme absolu, rend la présence du jeu possible, concevable, compréhensible. L’existence du jeu affirme de façon permanente, et au sens le plus élevé, le caractère supralogique de notre situation dans le cosmos. Les animaux peuvent jouer : ils sont donc déjà plus que des mécanismes. Nous jouons, et nous sommes conscients de jouer : nous sommes donc plus que des êtres raisonnables, car le jeu est irrationnel. »

 

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L’enjeu très sérieux du jeu – Homo ludens

Dans Homo Ludens, livre publié en 1938, l’historien hollandais Johan Huizinga (1872-1945) développe l’idée que seul l’élément ludique rend possible l’existence d’une authentique civilisation. Autrement dit, pas de culture sans jeu.

Homo_luden

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Surtout, ne penser à rien : conseil philosophique

 

Descartes (1596-1650) a entretenu deux correspondances avec des princesses. La première avec l’intellectuelle et indépendante reine Christine de Suède, la seconde avec la princesse Elisabeth de Bohême. Princesse en exil, cette dernière souffrait de mélancolie : l’échange épistolaire permit à Descartes d’affiner sa réflexion sur ce qu’il appela les « passions de l’âme » (littéralement : ce dont l’âme pâtit, ce qu’elle subit, que ces affections soient joyeuses ou tristes). Cette méditation aboutira en 1649 à la publication du dernier ouvrage de Descartes – Les Passions de l’âme –, ce qui est toujours bon à rappeler quand on veut faire de lui un philosophe « cartésien », c’est-à-dire uniquement préoccupé de pure rationalité (quand un philosophe s’adjectivise, c’est rarement bon signe pour la compréhension de sa doctrine…).

 

Elisabeth de Bohême, princesse mélancolique

Elisabeth de Bohême, princesse mélancolique

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L’oculolinctus et Georges Bataille

L’oculolinctus, pratique érotique consistant à lécher le globe oculaire de son partenaire, fait irrésistiblement penser au détournement érotico-obscène que Georges Bataille fait subir à la prunelle dans son Histoire de l’œil, livre paru en 1928.

eyesex

 

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« Le sens ontologique de l’ornement » – Jacques Dewitte

Un ornement n’est-il qu’une décoration factice et secondaire ? Rien de moins sûr pour le philosophe d’inspiration phénoménologique Jacques Dewitte qui en dégage le « sens ontologique »… Continue reading

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