Ça fait quoi d’être « trans » aujourd’hui ?

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Bonne question ! On n’y pense pas assez a priori. Pourtant il y aurait des tas de réponses à apporter. Au lieu de faire comme si de rien n’était, des montréalaises ont décidé de prendre les choses en main, à leur manière. Quoi, encore Montréal ? Oui j’y suis revenue, j’avais oublié de vous prévenir. Sorry guys. Mais ce qui se passe à Montréal reste rarement à Montréal… Et ce qui s’y passe en ce moment est crissement intéressant et porte le beau nom de TRANS TIME. Cliquez ! Gare aux déclics…

Boulevard St Laurent, un mardi soir, j’ai rendez-vous à La Centrale pour rencontrer Virginie Jourdain, Ianna Book et Marie-Claude G. Olivier. Je me suis déplacée pour faire la connaissance de leur nouveau bébé queer : TRANS TIME

« Déconstruire les représentations fantasmagoriques »

Si vous êtes des lecteurs assidus, Virginie, vous la connaissez déjà. J’ai parlé d’elle ici  ! Elle est coordonnatrice des expositions à LA CENTRALE, un centre d’artistes féministe auto-géré depuis 2009. Marie-Claude G. Olivier est étudiante à l’Université du Québec à Montréal (UQAM) en maîtrise d’histoire de l’art avec concentration en études féministes.

Ianna Book, vous ne la connaissez pas encore. C’est une artiste en arts visuels et une graphiste. Il y a 4 ans, Ianna a commencé sa transition pour devenir une femme. « Ma perception des choses a beaucoup changé et ça a forcément influencé mon travail », raconte la commissaire de TRANS TIME.

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TRANS TIME ? Nous y voilà. Sur le communiqué de presse, c’est écrit que cette exposition « est un espace de visibilité réunissant des artistes de Montréal et de la scène internationale, qui participent toutes et tous à la construction de la culture trans. »

Déconstruire les représentations fantasmagoriques qu’on peut se faire des trans, c’est aussi l’objectif fixé par les organisatrices de l’expo. Montrer que les trans ne sont pas des animaux de cirque, qu’il y a autant de manières d’être trans que de recettes de poutine.

« Moi par exemple, mon corps je l’ai transformé de manière plus transsexuel que transgenre. Pour être bien, il fallait que je le transforme de cette façon ! C’est comme ça, c’est inexplicable. Mais ce n’est pas pour ça que je vais forcer ma voix outre-mesure ou whatever. D’autres trans ont une approche différente de leur trans-identité. Chacun sa personnalité et sa façon de l’exprimer. »

Des différences qui court-circuitent parfois avec les données bien pensantes de l’espace public. Parce qu’il faut l’avouer, être trans aujourd’hui, c’est « super complexe » comme dirait Ianna, calmement.

« Dans la vie de tous les jours, il nous manque des conneries pour être épanouis. En fait, si les gens ne se rendent pas compte que t’es trans, ça va. Mais s’ils remarquent, ça complique les choses. Si t’es pas dans le moule, t’as des problèmes pour trouver un job par exemple… », confie la commissaire qui assure que c’est encore moins simple pour les femmes trans souvent victimes transmisogynie.

Marie-Claude le confirme. « Si tu n’es pas dans une case, on va te le rappeler partout tout le temps. Les gens cherchent en permanence à décoder qui tu es, quelle est ton identité. Pour assurer ta  subsistance, c’est parfois très difficile. » Inutile de rappeler que c’est encore et toujours un parcours du combattant quand il s’agit de changer son état civil, etc.

Bref, la question identitaire est un sujet encore fragile aux 4 coins du monde, même là où ça aurait pu être simple. Sur la question trans, le Canada ne tire pas son épingle du jeu même s’il faut reconnaitre que certains progrès ont été faits. Récemment, en termes d’avancées, on peut citer le travail remarquable de Sophie Labelle, coordonnatrice du camp des Six couleurs, un camp d’été pour enfants transgenres. « C’est vraiment des initiatives comme celles-ci qui font avancer les choses. Là on leur donne le choix à ces enfants et on les fait se sentir stables. C’est quand t’es enfant que t’as besoin d’être bien entouré sur ces questions là », confient Virginie et Ianna.

En France, on est encore loin de tout ça. Virginie, originaire de Poitiers, reconnait que certaines idées seraient encore difficiles à faire passer auprès de ses compatriotes. « Tu vois par exemple l’article paru sur le gars trans qui allaite en public, ça ne passerait pas du tout en France ! Ici tu peux quand même trouver un papier correct sur le sujet, sans commentaires tordus ».

En revanche, au Canada comme ailleurs, le problème de fond reste le même : la binarité des genres. Avec TRANS TIME, première expo trans par des trans mais destinée à tout le monde, Virginie espère faire bouger les choses comme elle peut. Mettre sa pierre à l’édifice.

«  Le changement des mentalités passe par l’espace des représentations »

« Quand on fait des expositions sur le genre, c’est souvent ponctué d’artistes trans. Là on ne voulait pas faire un petit truc sur le trouble dans le genre avec un artiste trans de service… On a cherché à montrer qu’il y a des artistes trans ancrés dans des réalités liées à la production actuelle de l’art contemporain. C’est important de reconnaitre l’existence de cet espace parce que le changement des mentalités passe par l’espace des représentations, » affirme l’artiste qui veut donner des nouvelles clefs de lecture aux spectateurs et ne surtout pas mettre de barrière entre les trans et le reste du monde. 

« L’idée ce n’est pas de dire « on vous présente l’art des trans » ! Un peu comme ça avait été fait avec « l’art des femmes ». Non ce n’est pas du tout ça, les pratiques artistiques sont aussi riches et diversifiées que le sont les artistes » souligne Marie-Claude interrompue par Virginie. « Le sous-titre de l’expo est hyper important : « L’heure de la visibilité des artistes trans » : ça répond à un sentiment d’urgence de prendre ça en considération, c’est ça notre propos curatorial. »

Inscrire une visibilité trans dans le social et dans le milieu de l’art, voilà l’objectif de TRANS TIME en brusquant un peu les choses.

Si vous avez, comme moi, la chance d’être dans les parages le 25 septembre, venez donc faire un tour au vernissage ! 

Pour voir quoi ? Des productions contemporaines avec beaucoup de vidéos et surtout les artistes en chair et en os. 

Où ? Galerie L’espace créatif, entrée libre et gratuite www.transtime.ca / www.facebook.com/events

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Pour poursuivre la réflexion  : Ianna Book a publié un livre intitulé « Trans Avenue ». On y retrouve une série d’autoportraits photographiques réalisée à Montréal et New York sur une période de deux ans (2011-2013, période de transition). L’œuvre est une recherche esthétique jumelant transsexualité et urbanité : le corps et la ville comme espaces de transformation et d’émancipation.

Daisy

14 réflexions au sujet de « Ça fait quoi d’être « trans » aujourd’hui ? »

  1. The architectural elements already present in a bedroom would be attached toilet and its entrance door, attached terrace or backyard entry, attached study room. All these spaces have work like supplementary role in a bedroom. Now the « imposed » elements are the furniture in the room, other accessories that will occupy the space in a bedroom.

  2. Je pense que le problème vient plus d’une habitude et d’une vision des choses. En Thaïlande, ils n’ont pas ce problème, loin de là. Comme quoi tout n’est qu’une question de mentalité et de coutumes…

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