NOUVELLE ORLÉANS, nous voilà !

Ah, les vacances de Noël… Trois semaines de pause entre les deux semestres de cours : le moment privilégié des globe-trotteurs que nous sommes ! Pour nous cinq sciences-pistes, notre destination sera le sud ! Enfin… le sud des Etats-Unis ! Plus grande ville de l’Etat de Louisiane, située sur les bords du Mississippi, la Nouvelle Orléans nous a dévoilé sa vie culturelle riche, ancienne, vibrante et bercée de traditions locales. Ville mythique du jazz et fière de sa cuisine à base de fruits de mer, la Nouvelle Orléans porte le surprenant surnom de Big Easy, « la Grosse Facile », en référence à son atmosphère chaleureuse et enthousiaste dans laquelle nous nous sommes plongées pendant une semaine entière, au tournant de la nouvelle année.

Notre périple a commencé le 25 décembre même, après un délicieux dîner de Noël passé à Vancouver. Préparé par nos soins – et ceux de nos familles qui nous ont envoyé le traditionnel foie gras, du pain d’épice, du canard et des chocolats, le repas fut une réussite. Nous avons expérimenté nos talents culinaires et véritablement apporté au Canada nos traditions gastronomiques ! Pour l’occasion, le dîner sonnait absolument français (dans tous les sens du terme) ! Pruneaux enroulés de lard fumé, saumon, gratin de pommes de terres et cuisses de canard, haricots verts, marrons, bûche aux fruits rouges… un vrai régal.

C’est donc le lendemain matin que nous sommes partis pour l’aventure, direction Seattle en bus, pour y prendre l’avion : escale à Houston, puis atterrissage en terre louisianaise, à la Nouvelle Orléans. Raconté comme ça, tout paraît rapide et parfait, mais je ne vous relaterai pas l’angoisse de ne pas avoir de siège assigné dans l’avion lors de l’embarquement, le passager voisin nous appelant « Frenchy » pendant tout le vol, et le pugilat entre deux chauffeurs de taxi à l’aéroport pour prendre en charge cinq personnes et leurs bagages… Mais ceci n’a fait qu’ajouter du piquant à notre expédition néo-orléanaise, bien-entendu !

Sur place, nous avons fait du Couch surfing, c’est-à-dire être hébergé gracieusement chez l’habitant et profiter de son expérience de local pour découvrir la ville de son point de vue, en échange d’une rencontre culturelle cosmopolite. En plus d’un hébergement à moindre coût, nous avons eu droit à quelques trucs et astuces pour cerner les immanquables ! Cette pratique de surfer de canapé en canapé est très répandue en Amérique du Nord, c’est d’ailleurs ici que j’en ai entendu parler pour la première fois, et je la recommande vivement. Très pratique, sans coût, les couch surfers et leurs hôtes pensent le voyage différemment, en termes plus humains. A essayer absolument !

Après une nuit de sommeil très longue (nos hôtes nous ont gentiment fait remarquer que notre journée serait courte) à cause du voyage en avion, nous avons sorti appareils photos et lunettes de soleil pour partir à la découverte des rues commerçantes et dynamiques du quartier de notre point de chute, le Garden District. Nous avons parcouru entre autre la fameuse Magazine Street, avec ses magasins et ses restaurants, le tout sous des arcades supportant des balcons en fer forgé, tout à fait typiques. Juan’s flying burrito est le restaurant à essayer : la cuisine mexicaine et cajun y est succulente !

Le Garden District collectionne les maisons historiques les mieux préservées. Il s’agissait dans le temps de grandes plantations, qui ont été partagées entre les américains ne souhaitant pas habiter dans le French Quarter avec les créoles. Les belles demeures de ce quartier résidentiel rivalisent de prestige et d’originalité, mais toujours avec cette architecture particulière empruntant aux styles Greek Revival, Colonial et Victorien, qui font toute la richesse architecturale de la Nouvelle Orléans. Saint Charles Street est la rue emblématique de ce quartier… et nous l’avons empruntée un certain nombre de fois !

Mais le clou du spectacle reste le French Quarter, avec ses rues si évocatrices telles que Bourbon Street, Royal Street ou Chartres Street. Ces rues étroites à sens unique et essentiellement piétonnières sont très loin des larges avenues plantées de hauts buildings pimpants neufs. Il s’agit du vieux quartier français, avec ses petits magasins de pralines et de biscuits, ses boutiques d’art, ses marchands d’antiquités et autres objets. Les enseignes des échoppes sont souvent écrites en français… mais presque immanquablement, il y a des fautes d’orthographe ! « Le fleur », « la lis »… Mais tout cela donne un cachet particulier au quartier, entre attachement aux racines et aux traditions, négligence savamment dosée et joyeuse insouciance.

Humer l’atmosphère de cette ville si particulière passe aussi par la découverte des saveurs de la cuisine créole locale. Notre hôte de Couch surfing nous ayant indiqué un très bon endroit pour déjeuner en ville, nous avons fait la queue pendant presque quarante-cinq minutes devant chez Coops pour avoir une table, nous disant que tant d’affluence ne pouvait qu’être bon signe. En effet, les clients rassasiés qui sortaient du restaurant nous l’ont confirmé plusieurs fois : « Excellent ! Ça vaut le coup d’attendre ! ». C’est donc avec l’eau à la bouche que nous sommes arrivées au bout de la file… pour s’entendre dire quelque chose qui ne nous a vraiment – mais vraiment, pas plu. Le restaurant possédait une salle de jeux d’argent et de paris. Or l’âge légal en Louisiane est 21 ans. Aucune de nous n’avait 21 ans. Merci et au revoir mesdemoiselles. Même pour déjeuner ? Même pour déjeuner.

Bref, la faim dans l’âme, nous avons finalement choisi un autre restaurant, le Café du Marché, où nous avons trouvé une cuisine délicieuse. Jambalaya, gumbo et cajun potatoes, des plats créoles typiques : c’était un festin ! Mais heureusement que les pommes de terres éteignaient le feu du riz de la jambalaya très (très) épicée… Une autre spécialité de la Nouvelle Orléans est l’alligator. Et oui, je confirme, j’y ai goûté, et c’était très bon. Le gumbo est une allégorie pour la Nouvelle Orléans, c’est une soupe qui peut se cuisiner de multiples façons avec des aliments très différents et figure le melting pot des cultures qui se sont entremêlées en Louisiane depuis le 18e siècle. Mon alligator gumbo était donc un délice : la viande a un goût très prononcé, mais bien cuisinée dans une soupe légèrement relevée, c’est succulent. Et en dessert, beignets au Café du Monde ! Les beignets disparaissant sous une montagne de sucre glace, accompagnés d’un café ou d’un chocolat chaud, sont un passage obligé. A ne vraiment pas manquer, même si la file d’attente est longue !

De retour dans le French Quarter, le Jackson Square et la Cathédrale Saint Louis constituent en quelque sorte le cœur de la ville, et on peut inlassablement marcher autour de la place, dans le jardin ou sur le front de mer… Les artistes, danseurs et musiciens se posent là pour la journée et on ne compte plus les joueurs de jazz et les diseuses de bonne aventure qui remplissent l’endroit de visiteurs. Des danseurs de hip-hop faisaient leur show en prenant à partie le public pour se moquer (gentiment) des gens qui passaient dans la rue. J’étais heureuse de me trouver dans le public, car passer trop près du groupe assurait une bonne douche de commentaires dont toute l’assistance riait !

Ecouter le célèbre jazz de la Nouvelle Orléans a été l’un de nos autres combats. Les groupes se produisent dans les pubs, qui ne sont pas ouverts aux people en-dessous de l’âge légal. Se faire refouler à l’entrée alors qu’on souhaitait juste écouter de la musique a été une énorme (mais énorme) frustration. Il a donc fallu trouver des combines, entrer de très bonne heure avant que le videur de l’entrée ne commence à demander les ID, discuter ferme avec certains… pour pouvoir finalement se poser à une table ! Pour le coup, nous avons savouré notre soirée jazz. Et coïncidence, le groupe qui jouait ce soir là sur l’estrade était celui que nous avions croisé le matin même dans la rue. C’est toute la particularité des joueurs de jazz de là-bas, sur les trottoirs ou sous les projecteurs, la musique a sa place partout, peu importe l’heure et l’endroit. Elle émane de la culture locale, inonde l’atmosphère de la ville.

Enfin, la nuit du 31 est arrivée… Bourbon Street est un peu particulière avec ses pubs et ses clubs qui s’animent avec la nuit. Alors un soir de réveillon… C’était juste fou. La rue était bondée, les lumières brillaient partout, les colliers de perles de couleur valsaient dans tous les sens, les verres trinquaient, les gens s’amusaient – beaucoup, et il fallait se frayer un chemin pour avancer ! Les gens étaient presque aussi serrés dans la rue que sur les balcons des maisons d’où ils lançaient les colliers, une tradition remontant au 19e siècle.

Puis à minuit, les feux d’artifice ont été tirés au-dessus du fleuve Mississippi… Le spectacle était superbe, une magnifique conclusion à notre merveilleux voyage et à l’année 2012.Mais une telle ville n’appelle qu’à revenir…

Donc pour terminer cet article et  sauter à pied joints dans la nouvelle année, 4 choses sur ma future check-list : avoir 21 ans, assister au fameux Mardi Gras en février, venir écouter le festival de jazz au printemps, et profiter à nouveau de la délicieuse cuisine traditionnelle, des fruits de mer, des beignets et des pralines !

3 thoughts on “NOUVELLE ORLÉANS, nous voilà !

  1. Ah là là, je n’aurais pas le temps de faire tout ça…
    Mais une chose m’intrigue : il n’y a pas besoin d’un document quelconque pour aller aux Etats-Unis (Visa, autorisation, je ne sais quoi…) ?

    • Bonjour Marion,
      La Nouvelle Orléans est formidable, nous y sommes restées une semaine entière, mais le top des choses à voir peut se faire en moins de temps, ne t’inquiète pas ! Le French Quarter est l’endroit où il faut définitivement passer le plus de temps :)
      Pour aller aux US, il faut simplement remplir l’ESTA en ligne, après c’est à la frontière qu’ils scannent tes empreintes digitales et te font remplir un autre papier. Mais à part ce formulaire à remplir en ligne uniquement, on a juste besoin du passeport !
      Bon voyage !
      Rébecca

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