Le CHOIX DU MASTER en 3A ou comment réaliser combien on est LOIN DE L’EUROPE

Ah ah… Oui, chacun s’en doutait, ce moment fatidique allait bien finir par arriver un jour du mois de mars, alors que chacun est bien occupé voire débordé avec sa vie d’expat’ : le mail de l’administration de Sciences Po nous annonçant l’imminence du choix de notre master pour le mois de septembre. CV, lettres de motivations et entretiens par média interposé sont les petites choses qui vont gentiment obscurcir de nuages le joli ciel immaculé de Vancouver, d’un bleu d’azur depuis deux jours.

Ces deux semaines, à cheval entre le mois de février et le mois de mars, sont probablement les plus intenses et les plus chargées de mon second semestre. A la moitié du semestre de printemps, le Canada et la France se sont mis d’accord pour remplir mon emploi du temps – jour et nuit. Comme il se doit, la semaine passée a été consacrée aux fameux midterm exams, un dans chaque cours, soient 4 en tout, et 3 sur la même semaine. Autant dire que plus le temps avançait, plus le temps manquait, plus les nuits raccourcissaient… Bref, c’est la routine de tous les étudiants du monde, je ne vais pas en faire un article (quoique). Si bien qu’à l’approche du weekend, ma couette et mon oreiller étaient les douces pensées qui berçaient mon imagination.

Mais voilà : le jour même de mon dernier midterm, chaque élève en 3A, y compris ceux qui ont choisi de s’exiler à des milliers de kilomètres de l’Europe (un peu moins de 8000 km entre Paris et Vancouver), a reçu le même charmant email « Choix de master et choix de langues en ligne », rubrique innocente de la Newsletter de Sciences Po. Dans cet email, un lien nous redirige vers une page web aux innombrables onglets et sous-rubriques à propos des différents masters et dates butoir d’envoi des dossiers. Merveilleux. Surtout quand on apprend que l’une d’entre elles (des dates butoir) se trouve être le mercredi suivant. Autant dire que la pause tant rêvée risque de le rester.

Enfin, la pire des choses reste pour moi le choix concret du master que je suivrai en septembre. Depuis mon arrivée à Vancouver, j’ai plongé tête la première dans la culture canadienne, adopté un nouveau langage et de nouvelles habitudes, goûté autant au parfum de la liberté qu’à de multiples saveurs culinaires, humé l’air pur et frais des paysages verdoyants de la Colombie Britannique… et donc un tant soit peu mis l’Europe de côté. Ceci est, je pense, le point commun entre tous les étudiants en échange, quelles que soient leurs destinations. Comment donc revenir à une réalité bien trop concrète située en France ? Mes projets pré-3A ne sont plus d’actualité face à ce que j’ai pu découvrir ici dans ce grand pays et pourtant, il va falloir choisir entre le Droit Européen, l’Ecole de la Communication, l’Ecole du Journalisme, l’Ecole des Affaires Internationales, pour ne retenir que ceux qui m’intéressent le plus… Car outre les connaissances formelles, ce que la 3A nous apporte, c’est aussi et surtout une formidable ouverture intellectuelle et une curiosité sans bornes sur le monde et l’inconnu, ce qui est absolument fantastique au niveau du développement personnel, mais catégoriquement perturbant concernant les choix à faire : tout devient intéressant et digne d’intérêt. Zut.

Enfin, si d’ici la date clé, j’arrive à me décider sur un master – et à envoyer mes documents à temps, ce qui est une autre histoire – il restera la phase d’admission soumise à l’épreuve de l’entretien. Chouette, skyper avec le Directeur de l’Ecole de la Communication, quelle perspective réjouissante ! Et oui, même si à plusieurs reprises, malgré avoir précisé que j’étais à Vancouver, j’ai reçu en réponse de mes mails « Passez à mon bureau rue de l’Université [Paris 7e], je vous expliquerai », les entretiens se font à distance, pour les raisons matérielles liées à la 3A… Je dois dire que c’est une perspective angoissante – je sens que je vais surtout passer plus de temps à arranger mon mur de fond que mon entretien en lui-même !

Dans tous les cas, il est grand temps de se pencher sur cette question épineuse des masters pour la rentrée, ne serait-ce que pour avoir un petit aperçu du futur et s’organiser en conséquence… ce qui est d’autant plus délicat que, dans le paradis de la côte est canadienne, on vit plutôt au jour le jour…

Je terminerai mon article parlant de Paris sur un petit mot pour Mr Frédéric Mion, actuel secrétaire général de Canal et désigné comme successeur de Richard Descoings à la direction de Sciences Po. Bonne chance et bon courage Mr Mion.